
Innocente petite boule ronde s'agitant dans le ventre d'une femme
Fruit assez mûr de l'amour et de nombreuses larmes
Tes premiers pleurs seront de rigueur
Car avec la vie et le bonheur t'accompagneront la mort et le malheur
De minuscules yeux à peine ouverts
Apeurés scruteront la lumière
Première démarche téméraire
De la génèse d'une existence soumise à la destinée
Au temps qui s'égrène et qu'on ne peut arrêter
Les premières années qui écloreront ton visage
T'éblouiront de joie aveuglant ton jeune âge
Mais le cruel labeur qu'exerceront tes années
Ton coeur a peine formé ne pourra l'observer
Ta fraîcheur ne traduira point le jour mourant au lointain
Ainsi que le Soleil poussant son dernier soupir dans le ciel pâlissant
Ce sera un de tes pétales qui lentement
Se détachera de ton existence que tu fêteras sans dédain
Seulement quand plusieurs Soleils se seont levés
Seulement quand plusieurs Nuits t'auront assombri
Et que ton âme se sera étirée
Ce qui cultive ma poésie d'aujourd'hui
T'étreindra le coeur et l'esprit
Comme moi tu t'interrogeras sur la vie
La première image alors éclairant ton regard inquisiteur
Epousera la forme d'une fleur au printemps
Qui dans l'automne se meurt
Pareil que le souffle du vent
Tu apercevras une blanche colombe découper le ciel
Semblant te dire adieu de ses ailes
Sa majesté s'effacera par son furtif passage
Retraçant l'esquisse de ton voyage
Car il s'agit bien d'un voyage et non d'un privlège
De parcourir les sillons du temps à perdre haleine
De se mouvoir à travers les secondes pièges
Pour s'apercevoir que parvenus au bout de nos peines
La maison construite de nos propres mains
Ne sert plus à,rien
Une lugubre habitacle l'a remplacé pour notre repos
Sans avoir à dire notre propre mot
La première lueur perçue n'est-elle pas aussi celle anonçant la dernière
Sans lueurs il n'y aurait de cris
Sans cris il n'y aurait de lueur dernière
Sans cela il n'y aurait de méditations sur la vie
L'homme est pareil à une longue bougie
Qui s'emflamme et s'amenuise selon la nuit
Certainement il se consume comme ce bout de cire
Qui se tend, se tord, se fond jusqu'à dernière usure
L'ardeur de la flamme représente l'étincelle des sentiments
Ces choses abstraites et combien présentes chez l'humain
Qui réconfortent quand il s'agit de bonheur
Qui affaiblissent quand il s'agit de chagrins
Qui colorent de mille feux le coeur
Berçant une existence fugitive continuellement
Tu marcheras dans les miroirs de l'âme longuement
Sans beaucoup avancer vraiment
Seule ton image réfléchie laissera paraître un visage altéré
La source de ta réflexion sur ta peau aura pénétré
Sur ton corps les faux plis et longues inégalités
Il ne faudra point vouloir les défriper
Ce serait une démarche insensée
T'apportant seulement un peu plus de regrets
Les foulés de tes pensées trop humaines et pas assez évasées
Dans les sables de l'ineffable se seront enlisées
Tu ne seras qu'un peu plus âgé
Mais toujours tu seras devant cette fleur fanée
Durant toutes ces cogitations
Tu auras parcouru des paysages différents dans leur configuration
Qui dans leur dessein se confineront de toute façon
Du ciel azur qui se ternit qu'on le veuille ou non
De l'ébauched'une mélodieuse chanson
Aux dernières notes laissant souvent des points de suspension
Le préambule délare l'épilogue inévitable
Pareil à tous ces sentiments qui nous accablent
Et bien que l'Orée de la vie soit la plus impressionnante
Que sa nature soit la plus variée et la plus abondante
Pareille aux bois de nos montagnes quand l'homme s'y est engagé
C'est pour s'y perdre, s'y piéger, s'y accomoder et la quitter
Tu te verras alors découper maladroitement ton passé
Avec quelques morceaux de ton coeur brisé
Avec une infinie attention tu envelopperas tes souvenirs
Affolé par la vitesse à laquelle ta vie va pâlir
Tu reconnaitras à peine cette lune qui brille l'instant d'un rêve
Et qui fera avancer d'une marche ton trépas sans trêve
Ta canne pliera sous le fardeau de tes pensées à demi éteintes
Qui furent dans ton coeur de silencieuses plaintes
Ta calvitie marquera le nombre de tes années passées
Et que tu auras en vain tenté d'expliquer
Ce qui fut ta méditation et ta vie aussi
Et qui t'emportera dans l'oubli
Tu n'auras point à choisir ton moment
Puisque sans accord la vie te donne et te reprend
Pareille à tous ces instants de larmes et de tourments
Qui vont et viennent tel le souffle du vent
Tu te réjouiras de pouvoir embrasser le fils de ton enfant
Qui rira tendrement de tes gestes tremblants
Mais tu cacheras ce qui fut ton déchirement
Décidé de profiter pleinement
De ce qui te restera du temps présent
Ce qui marquait ton esprit effervescent
Ton entourage le déclarera de déliquescent
Mais tu ne verras pas de différence
Tu auras vécu ton existence
Le temps sera proche où pour te voir
Ils devront fermer les yeux tous les soirs
Et tout ce qui fut le fruit de tes pensées
Sans doute en auront-ils hérité
Leur visage se tanneront comme le tien s'est tanné
Et leur regard apercevra la fleur fanée
Que tu auras désormais oublié
Et la blanche colombe qui un jour s'est envolée
Tu voudras leur expliquer qu'en vain ils vont cogiter
Mais ils n'entendront plus ta voix usée
La vie est une source de volupté
Mais son eau est parfois empoisonnée
C'est ce que tu tenteras de crier en vain
Tu te dissiperas alors dans la poussière d'un demain
Car ils t'aimaient bien.
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1. auffred solange Le 29/03/2008 à 17:51
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