Karima


Le vent siffle dans les arbres. Au milieu des feuilles jaunies qui volent partout, je regarde les enfants s'amuser dans le parc de Salon de Provence. Quelle agréable image que celle des sourires des plus petits et le regard protecteur des plus grands! Cet univers compense l'absence parfois irritante d'un gosse à mes côtés.
Je viens souvent me ressourcer ici, entre Aix-en-Provence et Marseille. J'observe les adultes venus accompagner leur progéniture quand soudain mes yeux s'arrêtent sur une jeune femme assise sur un banc.
Elle a les cheveux mi-longs noirs, légèrement bouclés, des yeux marrons capables de percer les coeurs les plus rudes et porte un jean's délavés.
Au premier abord, elle est une simple maman écoutant les rires de son enfant, le regardant jouer avec ses copains et copines. Elle remonte parfois le col de son manteau jusqu'à ses oreilles bouclés pour éviter le soufflement frais du vent.
Mais derrière sa simplicité, je vois l'amour incarnée, une beauté qui me désarme et me séduit. Je n'ai jamais cru « au coup de foudre ». Comment peut-on tomber amoureux en un instant d'une inconnue de passage sans connaître ce qui se cache dans son coeur et dans son esprit? Pourtant, même si je n'ose le reconnaître, il me semble que mon émotion du moment s'apparente à un sentiment instantané comme celui qui se brûle en se renversant une casserole d'eau bouillante sur la main ou celui qui se prend une brique sur la tête en passant sous un échafaud. Ma douleur serait plutôt à l'intérieur et s'appelerait « impuissance ». Cette femme m'hypnotise. Je voudrais bien me rapprocher d'elle, l'aborder, savoir si elle est mariée et connaître ce qu'elle préfère dans la vie mais je reste en face comme un homme frappé de plein fouet par un coup de tonnerre. Seuls mes yeux bougent, la déshabillant des pieds à la tête. Ses sourires incessants m'envoient de la lumière comme si je regardais une étoile le soir. D'aussi loin que je m'en souvienne, mon coeur n'a jamais cogné autant qu'en ce moment. Que m'arrive-t-il?
J'attrape une cigarette dans ma poche, l'allume pour me rassurer. Dans les moments de stress, la fumée m'aide à vaincre mes malaises. Je la dévisage. Que dis-je? Je l'admire. Nous sommes à quarante mètres l'un de l'autre et il me semble que mille lieux nous séparent. Je me prépare pour la rejoindre en rajustant ma casquette.
Je me lève, regarde les platanes autour de moi avec nonchalance. Et je me rassois. Elle m'intimide à tel point que je ne me sens pas capable d'avancer pourtant je ne vais pas vers la mort que je sache. Au contraire. La vie m'appelle et je devrais me laisser pousser par elle. J'attends bien une dizaine de minutes scotché sur le banc sans oser bouger. Puis, l'histoire de « la belle et le clochard » me donne un déclic. Je rajuste mon anorak, passe la main sur mes chaussures, me décoiffe et m'approche d'elle.

- Bonjour, puis-je m'assoir?

Elle lève la tête de sa lecture et me répond qu'il n'y a pas de problème. Pendant un long moment je reste silencieux, ne sachant pas comment entamer la conversation, cherchant un juste motif pour amorcer le dialogue.La voyant absorbée dans son livre, j'appréhende de la déranger mais je veux également lui parler. Je me frotte les mains me plaignant du mistral de ce jour-là. Elle sourit et me montre ses mains gantées en ajoutant qu'elle est frileuse et qu'elle ne s'est pas laissée surprendre. Elle fouille dans son sac et en retire une écharpe qu'elle me tend en me suggérant de l'entourer autour de mes doigts meurtris. Sensible à son attention, je ne sais que lui répondre tant elle me séduit dans sa gentillesse quand une petite fille en larmes arrive auprès d'elle.

- Qu'as-tu Kahina?

L'enfant gémit de plus belle.

- Maman, je suis tombée. Mon genoux saigne et me fait mal.

La mère range alors son livre dans son sac et en retire un mouchoir.

- Viens ma chérie sur maman. Sèche tes larmes. Je vais soigner ton bobo.

Avec une infinie délicatesse, elle pose le tissu sur les joues de sa fille pour les sécher et ensuite sur le genou légèrement ouvert afin de stopper l'hémorragie.
Le plus gros est fait, viens, nous allons dans un bar chercher un peu d'eau.
Je profite alors pour l'inviter à boire un pot.
Autour d'une table, j'apprends qu'elle s'appelle Karima. Elle vit seule avec sa fille et ne trouve pas le besoin d'être avec un homme même si elle a beaucoup de demande masculine. Je ne souffle mot, simplement je l'écoute et la regarde. Elle a les yeux baissés et m'apprend que l'amour pour elle se résume à sa fille. Elle n'éprouve pas de sentiment amoureux pour les hommes qui la courtisent et ne s'estime pas une « marie couche toi-là » qui fréquenterait le premier venu pour ne pas être seule. Je devine sa tristesse camouflée derrière son assurance et derrière sa conviction d'être heureuse sans père pour sa fille. Elle me confie qu'elle juge l'amour très compliqué et déplore de ne pas ressentir une once de sentiment pour les hommes qu'elle attire. Durant toute notre conversation, je ne quitte pas ses yeux qui me fuient. En quelques instants, je devine sa tolérance, sa compréhension et sa gentillesse qui restent pour moi des valeurs essentielles. Et entre ses qualités de coeur et son incroyable beauté, je deviens un peu plus prisonnier de sa présence. Avant de nous quitter, je la convie à nous revoir en lui proposant d'aller au restaurant ensemble un jour. Elle me regarde, sourit et timidement refuse mon invitation. Je suis désoeuvré quand elle enchaine qu'elle préfère cuisiner et qu'elle veut bien préparer une petite spécialité de son pays pour nous. Je m'empresse alors de sortir une feuille de papier et nous nous échangeons nos numéros de téléphone.
Avant notre rendez-vous prévu pour le samedi suivant notre rencontre, je lui téléphone tous les soirs . Sa voix me donne des frissons. Tendre et délicate, elle parle de façon posée. Je ne lui confie pas mes émotions mais l'impatience de la revoir me fait trépigner.
Avant de la visiter, je passe rapidement chez le fleuriste, choisis un bouquet de roses rouges, achète chez un commerçant une bouteille de champagne et euphorique, comme un adolescent lors de son premier rendez-vous amoureux, roule vers elle.
Retirée du centre ville, elle m'ouvre la porte de sa demeure en jean's bleu, assorti d'une chemise blanche pas assez transparente pour que je devine la forme de ses seins. Je ne le regrette qu'à moitié tellement illuminé par son sourire.
Elle m'invite à table en m'informant que sa fille est partie pour le week-end chez ses grand-parents. Elle me propose alors un petit apéritif et s'assoit juste en face de moi. Nous discutons de la pluie et du beau temps. Je la découvre discrète et timide. Elle incline souvent les yeux comme si elle vérifiait à chaque seconde l'état de ses mains. Sans cette attitude, elle me ferait perdre tous mes moyens.
La table déjà préparée, elle arrive avec un mixtion de viande, d’œufs et d’oignons dans une pâte feuilletée très fine. Voyant ma langue effleurée mes lèvres et mes yeux ronds, elle m'explique que ce plat est populaire en algérie et s'appelle le burek. Je le dévore avec plaisir quand elle m'informe qu'elle va chercher le reste. Comme elle s'aperçoit de ma stupeur, elle précise que le repas ne se cantonne pas qu'à l'entrée et que le plat de consistance se nomme la Chekhchoukha de Biskra, un met garni de viande et de légumes sur un généreux lit de feuilles à M'hajebs déchirées et imbibées d'une onctueuse sauce rouge aux épices.  Elle a supposé que je connaissais déjà le couscous et avait envie de me faire découvrir une autre spécialité.
Pendant le repas, je renverse maladroitement mon verre sur le pantalon. Elle se lève de suite pour m'apporter un détachant qu'elle m'applique sur l'étoffe humide. Je pose ma main sur la sienne l'accompagnant dans ses mouvements. Elle me fixe. Je plonge dans son regard et l'attire vers moi. Ses lèvres m'appelle et j'interprète son silence comme un acquiescement. Alors je l'embrasse. Nos langues s'effleurent puis s'enroulent et tournent, tournent comme une toupie qui ne s'arrêterait jamais. Je l'attrape par le dos pour l'attirer sur mes genoux et je la serre fort contre moi. J'aimerais faire de cet instant une éternité. Le laser qu'elle avait mis dans sa chaîne joue un slow langoureux. Je l'invite à danser avec moi. Je pose mon front sur le sien, la serre dans mes bras pendant qu'elle passe ses bras autour de mon cou. Mes yeux plongent dans les siens, ma bouche promène sur son visage, glissant sur ses charmantes joues brunes pour s'échouer sur la sienne dont le contact tendre me donne des frissons. Je la désire et en même temps, j'ai peur de la froisser, de la briser comme si c'était une poupée de porcelaine.
Je glisse ma main sous sa chemise et caresse doucement sa peau chaude. Je ferme les yeux alors, entrainé par le mouvement de nos langues, le rythme langoureux du slow, et le contact de sa chair sur mes doigts, je l'imagine toute nue et me dis qu'elle doit être ravissante. Je passe mon autre main dans sa longue chevelure noire, descend sur son joli petit cou, hésite un instant puis, la dirige sur ses seins lourds dont je sens les tétons raidir. Constatant qu'elle n'est pas de porcelaine comme je l'imaginais, qu'elle réagit à mes douces caresses, j'en viens à la considérer comme une véritable femme avec des désirs charnels. Je deviens alors plus entreprenant. Je fais descendre une de mes mains entre ses jambes et avec l'autre je moule la forme de ses fesses. Elle se colle à moi plus fort. Je sens sa main me parcourir le dos pendant que l'autre cherche mon sexe. Elle me butine le cou avec sa bouche de velours tout en ondulant son corps qui m'excite. Le slow se termine. Notre danse sensuelle continue. Je déboutonne sa chemise pendant qu'elle enlève son jean's. Une culotte rouge à dentelle monte sur ses fines hanches. Je frotte ma main contre ce minuscule bout d'étoffe et devine l'ourlet de son sexe humide. Elle m'ôte le tee-shirt et le pantalon rapidement comme si elle devenait une affamée de mon corps. Je la dirige sur le canapé du salon. Elle s'assoit et je lui écarte doucement les jambes. Je pose mes genoux sur le sol froid pour goûter le fruit de son intimité. Plus ma langue s'agite entre ses cuisses et plus elle remue son corps fiévreux. Elle me remonte la tête vers sa bouche, me chuchote de prendre notre temps et m'embrasse à pleine bouche avant de m'allonger. Soudain, elle se lève et m'informe qu'elle revient très vite. En tenue d'Eve, les jambes lisses et bronzées, les hanches galbées, elle ouvre le réfrigérateur et revient avec une bombe chantilly. Elle m'en mets sur tout le corps et lèche l'ensemble de mon anatomie comme si j'étais une glace. Sa langue rose caresse mon torse poilu pour arriver sur mon sexe qu'elle glisse au chaud dans sa bouche. Je vois sa tête monter et descendre et je sens mon plaisir faire de même. Je lui fais comprendre en me déplaçant sur le côté pour atteindre sa toison et la couvrir de délices sucrés avec ma bouche et mes mains. Elle ondule son corps comme si il la démangeait et mes caresses deviennent encore plus ferventes. Nos soupirs se rejoignent pour voler jusqu'au plafond et attiser un peu plus la passion qui m'étreint Elle entortille ses jambes autour de mon cou et j'enfonce ma tête en tirant sur ses jambes. Si je devais mourir, j'aimerais bien le faire de cette manière. Je continue de fouiller entre ses jambes,allant et venant sur sa cicatrice humide, tournant avec ma langue autour de son clitoris avant de l'avaler complètement et l'introduire le plus loin possible à l'intérieur comme si je voulais voler son intimité et la remue dans tous les sens, cherchant le moindre repli. Sa peau cuivrée me fait ruisseler de désir, je la veux plus que toutes celles qui ont partagé ma vie. Elle alimente mon envie au point de sentir dans mon ventre une chaleur que je comparerais à un volcan en éruption. Le cratère de mes sens brûlent en alimentant mes ardeurs. De nous deux, je ne veux faire qu'un et pas uniquement pour un instant mais pour une éternité. Je me colle à elle en plantant mon regard bleuté dans le sien, obscur et profond. Je m'y perds et voyage dans un autre monde où il n'y aurait de place que pour elle et moi. Elle attire ma bouche vers la sienne et me dévore la langue. Ses jambes s'ouvrent. Et je rentre en elle avec délicatesse, prenant le soin de l'envelopper de toute ma douceur avant de glisser totalement mon sexe dans le sien. Nous nous unissons comme je l'espérais, dans la complicité et dans l'intensité, ses jambes serrant mes côtes, ses pieds sur mon dos, mon torse caressant sa forte poitrine sous le ryhtme lent de mon va et vient entre ses reins. A cet instant, j'ai la nette impression que nos yeux se parlent. De vives couleurs traversent ses pupilles sûrement semblables aux miennes. Je ne peux pas les voir mais je ressens au plus profond de moi le même arc en ciel. Son sourire se mêle à son léger gémissement. Son visage s'illumine. Elle entre ouvre ses lèvres. Je viens les effleurer avec les miennes. Je crois que je l'aime. Même si je la connais depuis peu, je ne peux pas ignorer l'affolement de mon coeur et les brûlantes envies de mon corps. A chaque fois que je sens mon plaisir à son paroxisme, j'arrête la cadence de mon bassin. En retardant au maximun l'instant de ma volupté, je cherche la sienne pour aboutir à notre jouissance mutuelle nous reliant dans une osmose totale. Une fois atteint, je m'allonge à ses côtés, la main dans la sienne. Elle pose sa tête sur mon épaule, une main sur mon torse en sueur et reste silencieuse. Je la rejoins dans son silence. Elle me regarde alors, me dépose un baiser sur les lèvres. Je lui fais un clin d'oeil et lui dis que j'espère savourer encore longtemps des instants comme ceux-là. Elle me répond qu'elle aussi et souhaite que notre bonheur ne se limitera pas qu'à des jeux de jambes. Je ferme les yeux, amorce un large sourire et lui confie que j'attendais depuis longtemps une propositon comme la sienne. Kahina, sa petite fille, est adorable et je ferais tout pour qu'elle voit en moi le père qu'elle n'a jamais eu.

 

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Commentaires (3)

1. farid zerarga (site web) 26/01/2009

bjr karima
jespere que tu va bien ainsi que ta famille,je vous cherche depuis lemtp,pour vous dire enormt de chose ;et voila mon msn:farid .34000@hotmail.fr rejoin moi j vs attand
baye karima
farid zer....ga

2. eddy (site web) 03/06/2012

bienvenue kari

3. Couple-et-sexualité (site web) 09/01/2013

Magnifique!Depuis que j'ai decouvert votre bolg, je passe des heure et des heures à vous lire. Dommage que vous ayez arrêter vos publications

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