Belle Isabelle

Je m'enfonce dans le fauteuil de mon séjour, un coca à la main, une large gouttière foncée sous mes yeux. J'ai le vague à l'âme, le vague de ceux qui voudraient croire en l'amour et qui en sont toujours aigris. Le prénom de toutes celles que j'ai connues se succèdent dans ma tête comme une longue file d'attente oppresserait celui qui la reçoit. J'aurais envie d'oublier et pourtant je ne sais pas comment. Boire? Si c'est pour être malade ensuite, quel intérêt? J'ouvre encore une canette de soda, m'enfonce un peu plus dans le fauteuil et ferme les yeux. Peut-être que mon esprit m'entraînera là où enfin je pourrais me délivrer de ces idées noires obsessionnelles. Le mal être qui m'habille se change soudain en détente quand mon imaginaire met en scène une imperceptible et irrésistible femme. Loin d'être irréelle, cette muse croisée dans mon magasin de photos vient dissiper l'épais brouillard qui m'enveloppe. C'est comme si en quelques secondes la neige qui enveloppait ma vie fondait sous les rayons fervents d'un éclatant soleil. Et certainement que ce Soleil porte le doux prénom d'Isabelle, la mystérieuse cliente venue acheter un appareil photo numérique. Elancée, les cheveux longs bruns courtisant ses épaules dénudées, le sourire accrochée à son visage, cette férue de la photo m'a donné des frissons sur tout le corps. J'ai quand même pu lui parler tranquillement et sous le prétexte de notre passion commune, j'ai réussi à obtenir son numéro de téléphone. Son image si présente dans mon esprit me fait ouvrir les yeux qui se fixent directement devant le bout de papier que je tiens dans ma main sur lequel est inscrit son prénom et son numéro de portable. L'envie de lui téléphoner omniprésente dans mon coeur se confronte à la peur de la déranger. Pourtant, si je ne lui téléphone pas je le regretterais toute ma vie. Je saisis le peu de courage que j'ai pour prendre mon combiné. J'hésite un instant, cherche les phrases que je pourrais lui dire, puis compose son numéro. A peine sa fine voix effleure mes tympans que je commence à trembler et à balbutier. - Je...Vous...Nous nous sommes croisés à mon magasin de photos, vous vous souvenez? - Bien sûr. J'attendais votre coup de fil. Nous devions nous revoir, n'est-ce pas? Son aplomb me déstabilise mais après un long silence de quelques minutes, j'ajoute: - Oui, c'est vrai. Que dîtes-vous si je vous invite à boire un pot demain en fin de journée? - Il n'y a pas de problèmes. On se donne rendez-vous devant votre commerce à dix-huit heures, ok? - Heu! Oui, ça va. A demain alors. Au revoir. Heureux de savoir que je vais la revoir et contrarié d'avoir été si peu loquace, je file devant le frigo pour me prendre une boisson. Pendant toute la nuit, la belle Isabelle trotte dans mon esprit pour me chatouiller la peau et m'empêcher de dormir. Je m'invente des moments sensuels avec elle que je n'ai vue qu'une fois et entre conscient et inconscient, je nous vois fusionner dans le feu de la passion mouillant les draps de nos ébats. Le lendemain, je ne fais qu'observer ma montre en constatant que l'aiguille tourne plus ou moins lentement selon les circonstances. En l'occurrence, j'aurais bien aimé que les heures me séparant de mon rendez-vous se changent en secondes. Un peu tendu tout de même, je fais les cent pas devant mon magasin car il est plus de 18h10 et Isabelle n'est pas encore arrivée. Je m'assois sur la marche de mon commerce lorgnant chaque passants dans l'espoir de reconnaître celle qui fait battre mon coeur. C'est quand je commence sérieusement à me poser des questions que j'aperçois sa fine silhouette traverser la rue pour me rejoindre. De longs cheveux bruns courtisent ses épaules dénudées et balancent au rythme de son déhanchement. Une longue robe rouge fendue sur le côté dévoile ses jambes bronzées. Subjugué par son allure de féline, je la mitraille de mon objectif suspendu à mon cou. Je l'avais pris avec moi dans l'intention de conserver des souvenirs de ma si attrayante cliente au cas où je ne la reverrais plus jamais. Après nous être embrassés amicalement, elle me présente son book contenant ses photos m'informant qu'elle aimerait que j'y jette un coup d'oeil. Nous nous apprêtons à aller dans un café quand je l'arrête pour l'inviter à boire un pot dans mon magasin lui apprenant avoir des boissons et de l'alcool bien frais. Etonnée, elle ouvre en grand ses yeux en souriant, hésite une seconde, puis accepte. J'avais imaginé le scénario juste avant de sortir de chez moi. Nous serions plus intime au magasin tous les deux qu'au café parmi d'autres clients. Peut-être aussi avais-je fantasmé sur le désir qui nous pousserait l'un vers l'autre et que nous aurions la possibilité de le concrétiser en nous déshabillant par exemple. Assise sur le tabouret du comptoir, sa robe relevé à mi cuisse, je perds mes yeux sur ses cuisses bronzées qui me font oublier ma timidité. Sensation chaude et cruelle, ses jambes m'attirent, j'aimerais qu'elle les écarte mais elles restent bien serrées. Pour ne pas rester soumis à cette irrésistible tentation, je ferme les yeux une seconde, fais le vide dans la tête et comme tout être équilibré et convivial, je lui demande ce qu'elle veut boire. Elle me répond avec un sourire en coin comme si elle avait remarqué qu'elle m'avait déstabilisé. Autour de nos verres de coca, je lui montre certaines photos de ma collection personnelle. L'un serré contre l'autre, son bras collé contre le mien, elle devine les frissons sur ma peau. Je n'arrive plus vraiment à prononcer un mot. Machinalement je tourne les pages de mon classeur et elle se fait un monologue toute seule, en donnant ses avis sur chaque cliché qu'elle découvre. Parfois, elle se tait, me fixe, sourit et continue de tourner les pages. Elle doit sentir mon état fébrile. Un genre de coup de soleil qui brûle la peau et dont on ne veut pas s'abriter. Je jette par moment un coup d'oeil furtif au niveau de sa poitrine portant un décolleté plongeant. Et je deviens encore plus chaud, comme si j'allais exploser d'un moment à l'autre. Elle pose sa main sur la mienne en m'informant que nous sommes arrivés à la dernière page de l'album. Quelle douceur et délicatesse dans cette furtive caresse qui me tire de mes songes. J'ai l'impression de me réveiller, d'avoir la tête dans le sac et sans une seule seconde de réflexion, je lui propose de la photographier lui prétextant que j'ai toujours rêver de faire des photos de charme. Elle a un long moment d'hésitation, balance ses cheveux en arrière et me répond pourquoi pas. J'allume les projecteurs, me frotte les mains et lui demande de prendre des poses sexy. J'aurais cru qu'elle avait fait cela toute sa vie. Elle déboutonne à moitié sa robe légère, avance une jambe pour découvrir sa peau satinée et un soutien-gorge en dentelle rouge vif. Ses petits seins en forme de poire m'étourdissent. La chaleur m'envahit. Je devine sous le tissu ses tétons pointés. Elle me surprend encore dans mon inertie. - Alors, tu les prends ces photos? - Bien sûr. Elle prend diverses poses toutes aussi plus suggestives les unes que les autres. Quand elle s'assoit les jambes écartées, la tête en arrière, le torse bombée, je ne résiste pas à lui apprendre que toutes ses séances m'ont mis le sang en ébullition et en transe. Je pensais que c'était fait pour me dit-elle avec un regard coquin. J'en tombe mon appareil photo mais je ne me désarme pas. J'avance vers elle camouflant mon appréhension derrière une démarche sûre. Et je lui embrasse le cou. Elle bascule sa tête en arrière comme pour acquiescer mes baisers. Je la dévore alors en admirant ses tétons pointés sous son chemisier transparent. Le temps s'arrête. Elle se tord devant moi pendant que je la déshabille lentement, passant ma langue sur les moindres replis de sa peau. J'entends ses soupirs qui me donnent encore plus de ferveur. Pendant que nos regards se mélangent, je prends son corps dans mes bras pour l'emmener sur le canapé. Je l'y dépose et l'embrasse à pleine bouche. Nos langues se lient, elles engagent une ronde incessante. Je contiens mes ardeurs car je voudrais faire durer nos ébats le plus longtemps possible comme si j'arrêtais le temps afin qu'il ne nous sépare jamais. J' amène mon doigt glissant dans sa fente humide dans ma bouche pour savourer le nectar de son plaisir. Elle ferme les yeux posant sa main sur mon pénis gonflé qu'elle masse énergiquement. Elle le gobe pendant que ma langue caresse son clitoris durci. Nos légers gémissements s'unissent dans une complicité désarmante. A nouveau nos yeux s'attrapent et ne se quittent pas. A nouveau je me contiens pour ne pas lui avouer que je l'aime. Elle écarte ses cuisses comme pour m'inviter à la jouissance ultime. Sa toison m'appelle. Pourtant, je n'estime pas encore le moment approprié pour la combler. Je lui passe la main dans ses cheveux, l'embrasse encore passionnément, dépose des baisers sur son cou en descendant petit à petit sur ses seins érigés que j'entoure de ma langue avide et termine la folle course de ma bouche entre ses jambes. Je goûte avec délice le goût de son fruit mouillé lentement et longuement. Elle se tord de plaisir. Quand je glisse mon sexe en elle, j'ai l'impression de toucher le bonheur absolu. Je vais et je viens entre ses reins très doucement, collant ma bouche sur la sienne en ne pensant à rien d'autre qu'à elle, Isa la belle, mon coup de coeur et de foudre. L'extase atteint, je m'allonge à ses côtés, la main dans la sienne. Le silence nous unit. Nous nous regardons et nous savons. L'amour plane au dessus de nous. Une longue histoire d'amour débute. Et nous recommençons à faire l'amour.

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