Extrait de mon roman " un amour 'étoile"

Au début,quand on est petit, on est obligé de faire tant d’efforts pour apprendre des tas de choses que cela devient une lutte. Ensuite, on se bat contre la vie tout court parce qu’autrement les hommes ne parleraient pas systématiquement de défaite et de victoire lorsqu’ils engagent des défis professionnels et privés.

Enfin on se bat contre la mort parce que la vie a décidé de nous quitter et que l’on ne le veut pas. Décidément je ne suis pas bien sûr d’être assez costaud pour combattre si souvent. Sans Mamie, je le suis encore moins. Elle me dirait que ce n’est pas de mon âge de m’interroger sur ce genre de questions. Elle me conseillerait sûrement de jouer avec les enfants de mon âge et de ne pas me tracasser sur le sort de pépé. Il ne faut pas l’enterrer avant son heure. Pourtant je ne peux m’empêcher de penser qu’il faudra qu’un jour je puisse me passer de mes grand-parents. C’est con la vie.

Ce soir, à la maison il n’y avait pas beaucoup de bruits. Les parents n’ont même pas allumé la télévision. Chacun mangeait son repas silencieusement. Papa n’a même pas crié une seule fois. Il n’y avait que Magnum qui brisait la lugubre ambiance. Il gémissait parfois. Je ne sais pas pourquoi, mais souvent il venait près de moi, posait sa tête sur mes genoux, me fixait avec ses yeux noirs et pleurait. Je le caressais et ses gémissements devenaient moins agressifs.

Pour la première fois de ma vie j’ai pu dormir avec Magnum. Il m’a suivi dans la chambre et les parents n’ont rien dit. Je n’ai rien dit non plus. Mamie m’a toujours expliqué qu’il fallait parfois se taire.

J’ai placé « Bob » d’un côté, Magnum s’est étendu de l’autre et je me suis allongé entre eux. J’ai entendu pleurer maman et papa qui la réconfortait. Des larmes se sont échappées de mes yeux car c’est plus fort que moi, lorsque je m’aperçois du malheur de ceux que j’aime, je ne peux pas m’en empêcher. « Magnum » m’a donné un coup de langue et j’ai fermé les yeux fort comme lorsque je n’ai pas envie d’imaginer le pire.

Quand je commençais à m’endormir le téléphone s’est mis à hurler. Hurler ! C’est le bon verbe, je vous l’assure. En pleine nuit, la tristesse qui rôde de partout, la maison abandonnée par mes grand-parents, je vous assure que j’ai perçu la sonnerie du combiné comme un hurlement de rage d’un fauve qui s’apprête à vous dévorer. D’ailleurs je suis tombé de mon lit tellement j’ai eu peur !

Le père s’est levé en catastrophe mais la catastrophe est arrivée plus tard, lorsqu’il a décroché le téléphone.

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