Extrait de mon roman "un amour d'étoile"

(...)L’étranger manifeste un vif intérêt pour moi. Entre mon désir de percer son anonymat, et le fait qu’il m’ait l’air sympathique, je ne vois que le choix de l’écouter.

- Oui. C’est mon anniversaire mais comment le savez vous ?

Ta grand-mère m’avait appris ta date de naissance. Tu l’aurais vue quand elle parlait de toi, elle avait le visage qui s’illuminait, les bras qui gesticulaient de tous les côtés, et l’éclair profond de l’amour dans ses yeux.

Il s’arrête pendant quelques minutes de parler, me regarde intensément, effleure ma joue avec sa main tremblotante et reprend.

- Je savais que tu viendrais lui parler aujourd’hui. Ca te semble peut-être incroyable de la part d’un vieux Monsieur au regard éteint, à la dégaine d’un fou évadé, mais le vieil homme a de la magie là dedans.

Il tapote son cœur. Je ne bouge plus. Je le dévisage. Je m’écarte un peu. Je me rapproche. Il commence à m’impressionner. Il doit le sentir.

- Joyeux anniversaire Marius. C’est bien comme cela que tu t’appelles ? Ne sois pas intimidé. Je ne suis pas un brigand. Rassure toi. Je veux juste mieux te connaître. Sais-tu que je connaissais aussi ton grand-père ?

- Ah bon !

Je n’arrive plus à sortir une phrase cohérente. Je continue de le regarder. Pour un sacré début d’anniversaire, je n’aurais pas trouvé mieux. Mais bon sang de bon sang, qui est-il ?

- Si je t’intrigue, c’est un bon début. Ca veut dire que je t’intéresse un peu.

Je me relève. Il faut que je m’occupe. Je retourne devant le caveau. Je vide l’eau de tous les vases. Je vais les remplir à nouveau. Il ne bronche pas. Il remonte juste ses chaussettes, l’une bleue, l’autre noire.

Un nuage de pigeons traverse le ciel. Nous dressons tous les deux la tête. Il pointe son doigt vers eux et me rappelle.

- Tu vois, leur vol si majestueux, ils sont si beaux, si légers que je les ai peints sur un de mes tableaux. D’ailleurs j’en avais offerts un à tes grand-parents.

- Vous êtes peintre ?

- Enfin ! Tu décroches ta première phrase depuis un long moment. Oui. Je suis peintre. Je le suis depuis quelques années. Avant, j’étais professeur. A cause de la fin de ma carrière d’enseignant et pour d’autres raisons, je suis tombé dans un trou noir(...)

 

(...)Sur le drap blanc, il y a la preuve de sa première fois. J’aurais aimé qu’elle ne lave jamais cette trace rouge que j’aurais voulu conserver toute ma vie. Deux corps en accord avec deux cœurs en symbiose, c’est l’harmonie de l’amour, celui que je viens de vivre avec Manon. Il est d’autant plus grand qu’elle m’a donné sa virginité. Je comprends mieux Mamie qui disait que pépé était sa moitié. Nous sommes restés allongés pendant bien une heure, sa tête sur mon épaule, mon bras sous son cou. Je ne l’ai pas vraiment remerciée. J’ai gonflé mon torse en la serrant contre moi et je lui ai dis que je l’aimais plus que tout, un amour presque aussi fort que celui que j’avais pour Mamie(...)

 

(...)Je regarde le ciel. Il est illuminé par les étoiles comme un sapin de noël est éclairé par les guirlandes. C’est sûr. Mamie est quelque part en haut. Autrement je ne serais pas autant ébloui.  Je ne vois pas son regard mais je l’imagine. Je lui promets de lui consacrer encore des lignes de ma vie. Elle a encore tant à découvrir.

Je me couche apaisé. Je remonte délicatement les draps. Je ne veux pas attraper froid. Je n’ai pas le temps de tomber malade. J’ai d’innombrables ambitions à concrétiser. Avec l’aide de Mamie au dessus de ma tête et ma motivation, j’y arriverai. C’est aussi logique qu’une étoile dans le ciel porte l’éclat de Mamie(...)

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