Extrait de mon "témoignage "quatrième astre ou étoile filante?"

PREFACE

 

 

 

  Après mon ouvrage « les trois astres », le témoignage dans lequel je vous ai livré ma vie depuis que j’ai la sclérose en plaques, une insidieuse maladie, je voudrais ajouter un quatrième astre. Un quatrième astre ou…une étoile filante ! Libre à vous de le définir.

  Féru de littérature, j’avais comparé les aléas que me procure la maladie à la ponctuation de la grammaire française : le point quand tout s’arrête subitement, la virgule qui symbolise la continuité, le point d’exclamation pour les surprises, le point d’interrogation pour les questions et les doutes, etc…

  Et si le proverbe dit qu’il n’y a jamais deux sans trois, pour moi il n’y a pas trois sans quatre.

  Un jour, je me suis tourné vers les cieux pour apercevoir mes « fameux trois astres » qui sont le symbole des points de suspension, eux-mêmes image de l’espoir. J’avais froid dans le dos mais c’était normal car c’était l’hiver. Un hiver peu ordinaire pour le Sud avec le jardin blanc de neige. Un hiver peu ordinaire aussi puisque j’ai réussi à voir mon quatrième astre. Tout est possible dans la vie : je n’avais jamais compté un seul instant sur sa présence et pourtant il était bien là. Noël s’annonçait et j’étais stupéfait. Devant mes yeux sous le blanc manteau les fleurs du jardin s’illuminaient et se déguisaient en sapin enguirlandé. Décidément, mon imagination débordait. C’était l’inondation du début de la démence !  Mais non ! Ce n’était pas mon imagination. Plutôt une terrible envie de sentir ma vie changer à nouveau, un besoin d’entendre des battements sourds dans mon cœur qui appellent le bonheur de toutes forces. Un peu comme dans les films à grand public,  quand le personnage principal nous fait pleurer tant ses douleurs sont cruelles et que, d’un coup de baguette magique une femme sublime au cœur incroyablement merveilleux va le consoler et essuyer ses larmes. C’est  magique. Pourquoi cela n’existerait-il pas dans la vie réelle si on peut l’exprimer devant un écran ?

  Pourquoi le charme (charme parce que jamais monotone) de la ponctuation avec ses virgules, ses points d’exclamations et d’interrogations, ses guillemets et ses points ne nous réserveraient-ils pas encore plus d’enchantement dans l’existence si nous prenions le temps de voir la féerie à défaut de l’imaginer ? Je délire peut-être encore. Quoique !

  Suivez-moi dans les méandres de mon existence, dans le fabuleux labyrinthe qu’est la réalité de la vie. Vous m’accompagnerez alors à la sortie et vous verrez sans doute ce bonheur que tout le monde quête.

En tous cas, il est certain que vous découvrirez « le quatrième astre ». Il n’est pas exactement celui que j’ai imaginé dans le jardin en grelottant de froid. Ce n’était qu’une illusion ou un rêve. Un rêve ? Oui, je crois que c’est de cela qu’il s’agit s’il existe des rêves prémonitoires. Il n’est pas question que nous rentrions dans le paranormal avec cette chimère.      Certains rêves ne sont que de simples souhaits. Ce souhait était si fort dans mon cœur que ma chère Mamie que j’aimais tant et que j’ai perdue le seize janvier 2000 l’a peut-être entendu. Elle l’a fait se réaliser.

  Je vous assure que l’astre qui est à l’origine de ce livre est vraiment tout ce qu’il y a de plus normal et humain aussi. Mais est-ce que la lumière perdure ? N’est-elle qu’un passage chargé d’espoir pour s’éteindre inéluctablement au seuil de la réalité des gens dans ma condition ?

  A notre époque, rien n’est gratuit. Surtout quand on marque la différence car elle dérange ou fait peur. Elle fait reculer comme ces grands feux dévastateurs qui ravagent les forêts. Pourtant, la différence ne brûle pas. Elle n’est pas dangereuse pour l’autre. J’en viens alors à me demander où est le véritable danger ? A quel prix doit-on gagner la considération d’autrui et atteindre un soupçon de bonheur ?

  J’aimerais faire une pirouette avec ma vie puisque je ne peux plus avec mon corps pour vous livrer l’avalanche de mes émotions. Elles dégringolent comme la neige pour en faire de grosses boules. Certaines me rafraîchissent. D’autres m’étouffent car elles se solidifient pour me blesser.

  Pourquoi donc les années écoulées ont-elles emporté, comme un grand raz de marée, le respect, la tolérance et la reconnaissance des autres. Pourquoi donc les évènements de l’existence sont-ils comme ces tempêtes en pleine montagne ? Et si nous tentions d’y apporter des réponses par l’intermédiaire de cette vie que je vous consacre ?

Si vous pensez que c’est sans intérêt, j’ajouterai que le vin se bonifie avec les années. Le mien n’a rien d’alcoolisé. Vous le dégusterez comme si c’était votre premier car rien ne se ressemble quand on porte en soi la maladie. La mienne s’appelle la sclérose en plaques. Vous en souvenez vous ? Elle est toujours d’actualité avec d’autres, bien sûr. Pourtant, elle crée des faits défiant la chronique car elle est instable comme beaucoup de gens que j’ai rencontrés. Sûrement parce que l’instabilité est une mode. Tout ce qui est d’actualité attire. Pourtant, ce n’est pas une condition sine qua non pour être intéressant. Il n’y a rien de plus désolant que de construire pendant des années et de voir tout s’écrouler en un instant. Ce que j’ai à vous raconter n’a strictement rien à voir avec la routine de l’existence.

  Au milieu d’une tornade de sentiments, d’interrogations et de bouleversements, j’ai envie de demander : « dessine moi un bonheur ». Monsieur de Saint Exupéry serait sérieusement embarrassé.


Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site