Extrait de mon témoignage

(...)La maladie m’accorde plus de force d’esprit à en juger par les déclarations de mes correspondantes et des personnes qui gravitent autour de moi.

Entre temps, avec Régine, nous avions connu une dame de soixante ans, dépressive. C’était une institutrice à la retraite, divorcée. Nous lui apportions attention, chaleur et écoute. J’avais l’usage de l’ouïe et de la parole à défaut de mes jambes. Quand on prend le temps de regarder autour de soi, d’écouter aussi, c’est inimaginable le nombre de personne affligées, démunies, désemparées. Je ne m’accordai pas le droit de les ignorer. En remontant le moral à ceux qui ne l’avaient plus, je me rendais fructueux à ma manière. Au bout de quelques mois, le téléphone gémissait souvent. Laurence s’agitait :

 « J’en ai marre du téléphone, je l’utilise pendant mon travail, à la maison j’aimerais un peu de calme.»

Il me vient en mémoire l’histoire de Sylvette, une jeune femme désespérée. Handicapée par son poids, souffrant de solitude, elle avait passé une annonce pour correspondre et oublier ce qui n’est pas le plus facile. Toute petite, elle avait été violée par son père, plutôt par son géniteur comme elle le nommait. Le terme est mieux approprié ! Un passé lourd à porter, une vision très noire de la vie, d’elle-même aussi, elle vivait car elle respirait. Sans plus. Tout au long de nos échanges épistolaires, je m’apercevais de son changement. Lorsqu’elle lisait mes lettres « elle se sentait bien dans sa tête. » Je ne lui écrivais rien d’exceptionnel. Seulement des mots du cœur, ceux qui se détachent quand les émotions atteignent toute leur dimension. Des mots qu’elle avait besoin de lire afin de ne plus se sentir rejetée, ni incomprise. L’impact était d’autant plus fort quand je lui appris que j’avais la « SEP ». Sourire de ma part. J’avais vu juste. Dans une intention positive, j’userai souvent de ma maladie. Elle me servira à bousculer les gens lassés de vivre qui décèleront en moi le courage qu’ils n’avaient plus. Deux ans se sont passés depuis mon premier courrier. Sylvette est une femme comblée. Je quête le triomphe là où je peux !

Certaines personnes de mon entourage ne saisissaient pas mon désir d’assister les gens en détresse morale. Au bout de quelques temps, je m’apercevais que lorsque j’étais en leur présence ou en contact avec eux, la barre autour de ma taille se serrait plus que lorsque j’étais avec des gens moins concernés. Alors, j’ai abordé les soucis des autres avec plus de recul. Régine et Alain, au courant de mes agissements me surnommaient  «l’Abbé Pierre ». Je n’avais pas cette prétention de me comparer à ce grand homme. Facétieusement, je leur répondais :

 « Je suis un second Abbé Pierre, d’accord. Mais sans la barbe ! »(...)

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Commentaires (1)

1. ange29 30/03/2008

Cest formidable ce que tu fais pour les gens autour de toi et çà te donne aussi la force d avancer le courage de te battre contre cette maladie.Tu es un être exceptionnel je suis fier de toi et continus ton roman bisou ange29

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