Extrait de mon témoignage sur la sclérose en plaques

(...)Le sixième jour, en plein milieu de mon travail, je sentis mon visage pâlir. Ma tête tournait comme une toupie. Mes jambes commençaient à flageoler. Je sentais le sol se dérober sous mes pieds. Ma vision se voilait.

Les gens continuaient de s’agiter autour de moi. Un monde en effervescence qui m’échappait. J’avais terriblement peur de tomber pareil aux feuilles mortes de cette saison d’automne. Je ne voulais pas afficher mon trouble devant mes copains de travail. Profitant d’une légère accalmie, je me suis précipité à l’intérieur des bureaux pour m’asseoir rapidement. Le poste de garde était également un secrétariat. Je devinais que mon visage à moitié trempé et livide reprenait des couleurs. J’étais tranquillisé. J’avais échappé à l’évanouissement. Quel soulagement pour moi !

Je temporisais encore, classant cette indisposition sur le compte d’une fortuite baisse de tension. J’ai souvent rangé de côté ce qui me dérangeait. Solution facile mais certainement pas la meilleure ! Elle ne résolvait pas mon problème.

Le lendemain, après une visite à priori ordinaire chez mon docteur, j’ai appris mon hospitalisation pour un bilan général. Je ne réalisais pas encore vraiment. La sensation d’un grand gagnant du loto mais en sens inverse ! Je me laissais flotter comme le fataliste que j’étais à l’époque, un marin sur un paquebot sans leviers de commande. L’amoureux de littérature que j’étais, percevait sa situation comme un point d’interrogation au bout d’un passage du livre de sa vie(...)

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